Rencontres SICS

>>> Mai 2014 – Rencontre avec Jean-Marie Domenach
>>> Février 2015 – Rencontre avec Michel Louis Lévy
>>> Juin 2016 – Rencontre avec Jean Audouze et Johan Kieken
>>>Novembre 2016 – Rencontre avec Manfred Mack: les nouveaux concepts d’entreprise

>>>Janvier 2017 – Rencontre avec Laurent Vigroux : le métier d’astronome, du chapeau pointu à l’ordinateur
>>>Avril 2017 – Une lettre de lectrice

>>>Mai 2017 – Rencontre avec Michel Cassé, astrophysicien et poète
>>>Juin 2017 – Rencontre avec Jean-François Garneau et Jean-Marie Bézard

 

Rencontre avec Jean Audouze : susciter des vocations scientifiques

Jean Audouze, astrophysicien, est l’auteur de L’école de la curiosité – Lettre à un jeune scientifique (Librairie Vuibert – septembre 2017).

Loin d’être un vilain défaut, la curiosité est une merveilleuse qualité et il nous le démontre.

Tous les lycéens et les étudiants de première année tentés par une carrière scientifique y  trouveront les pistes – bien plus nombreuses et variées qu’on ne le soupçonne – le mode d’emploi pour choisir ses études, son métier, son directeur de thèse… Dès le collège, voire l’école primaire, on peut participer en France à toutes sortes d’initiatives destinées aux chercheurs en herbe et confirmer ainsi une vocation précoce.

Même si vous n’êtes pas vous-mêmes tentés par une carrière scientifique ou s’il est trop tard pour que vous l’envisagiez, vous aurez plaisir à lire ce livre où Jean Audouze dessine un tableau clair et complet de l’état actuel de la recherche scientifique et des espoirs qu’elle suscite, dresse un état des lieux de l’excellence française, interpelle l’Éducation nationale sans craindre d’être politiquement incorrect !

Il commence par un hommage à Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique en 1991. Il nous le montre exposant au président Mitterrand son souci de transmettre les sciences aux plus jeunes. C’est Jean Audouze lui-même, alors conseiller technique chargé de la Recherche et de la Technologie, de l’Espace et de l’Environnement, qui avait convaincu le Président d’accueillir ce nouveau prix Nobel français. Il note avec humour que son collègue en charge des Sports avait obtenu du Président qu’il reçoive les vainqueurs de la Coupe Davis huit jours après leur exploit, et que lui-même a dû attendre six semaines.

« Nous pénétrâmes dans le bureau du Président qui était en train d’annoter ou de signer une montagne de parapheurs. Après quelque propos de félicitation bien méritées, François Mitterrand s’adressa à Pierre-Gilles de Gennes en ces termes : “ Eh bien, monsieur le professeur, maintenant que vous avez obtenu le prix Nobel, qu’allez-vous faire ?” La réponse fut immédiate : “Monsieur le président, j’ai l’intention d’aller visiter le plus grand nombre possible de lycées et de rencontrer les nombreux lycéens qui les fréquentent pour tenter de les convaincre de se lancer dans des carrières scientifiques. ” Après une moue présidentielle que nous prîmes pour une approbation, nous nous en fûmes, le prix Nobel et moi. »

Hélène Braun

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