|
>>> Mars
2012
Oui,
notre système éducatif peut être réinventé
par
Nathalie Bulle, Directeur de recherche au CNRS
Notre
pensée sur l’éducation en France doit nécessairement être
renouvelée. Entendons nous bien. Le problème
n’est pas d’élaguer les derniers vestiges d’un modèle
ancien pour mieux embrasser les grands courants de pensée
qui dominent aujourd’hui le monde occidental. Il s’agit de
renouveler cette pensée même qui, depuis des
décennies, se dit nouvelle, alors qu’elle est assez
ancienne pour avoir gangrené le système américain,
il y a de cela déjà bien longtemps.
Nous
avons été, en Europe, mais tout particulièrement
en France, le cœur de la pensée éducative occidentale.
Nous l’avons fait vibrer, depuis la scolastique médiévale à l’Université de
Paris aux célèbres collèges jésuites,
qui comptaient parmi eux certaines des écoles les
plus prisées en Europe, aux grandes écoles
créées par la Révolution, puis par Napoléon.
Notre culture pédagogique était si solide que,
lors de la généralisation de l’éducation
formelle par les lois Ferry, nous avons été en
mesure de former d’excellents maîtres et de bâtir
un enseignement élémentaire d’une qualité exemplaire.
Cette culture pédagogique, centrée sur la formation
rationnelle, a fait la force de notre système éducatif,
lui a permis de rester performant alors même qu’il
se laissait progressivement gagner par la politique et, j’ajouterais,
par une conception quasi-religieuse du rôle de l’école
dans la société.
Ces évolutions
contemporaines donnent peu de prise à la critique.
Les transformations constantes de notre système éducatif
alimentent l’illusion de son adaptation aux besoins économiques
et sociaux de notre temps. Les sciences humaines et sociales
proposent à son sujet des diagnostics dominés
par des partis pris interprétatifs, largement convergents.
Les idées les plus simplificatrices sont véhiculées,
quasiment à l’unisson, par les médias. Elles
relayent des antinomies factices qui font obstacle à toute
réflexion ou débat, telles que savoirs versus
compétences, formation par les disciplines versus
adaptabilité des individus, etc. L’enquête PISA (1),
qui propose un programme interna-tional d’évaluation
des acquis des élèves de 15 ans dans les pays
membres de l’OCDE et les pays partenaires, cautionne, loin
de toute analyse approfondie, des idéaux éducatifs
dans l’air du temps. A l’instar des agences de notation des
pays ou des auteurs du classement de Shanghai, les experts
et technocrates de l’OCDE s’arrogent le droit de noter nos
institutions et donc celui d’en orienter les politiques.
L’interprétation
superficielle des résultats de PISA a trompé le
public français (2).
Je citerai deux ou trois idées
fausses à cet égard. Tout d’abord, du point
de vue des évaluations internationales, les contreperformances
des élèves français sont des faits nouveaux,
liés à un effondrement des plus scolairement
fragiles entre les premières évaluations PISA
de 2000 et celles de 2006. D’où l’idée d’un « grand écart
français » entre les meilleurs et les moins
bons qui traduit en réalité des évolutions,
conséquences manifestes des politiques menées
dans les années 1990. Par ailleurs, contrairement à une
idée reçue (3),
nos meilleurs élèves
ne sont pas, ou plus, parmi les meilleurs d’un point de vue
international (4). Enfin, les
pays scandinaves donnés
pour modèles, sont contre-performants à PISA
– hormis la Finlande – si l’on tient compte des avantages
socio-économiques
moyens de leurs élèves (5).
La
preuve de la valeur du modèle éducatif d’un
pays n’est ni le bonheur de ses enfants, ni les réponses
qu’ils sont en mesure d’apporter à des QCM, mais la
capacité de ces enfants mêmes, une fois adultes, à assurer
la prospérité de leur pays, en étant
des créateurs de valeur, dans tous les domaines et à tous
les niveaux. La grande question éducative aujourd’hui,
celle qui engage l’avenir intellectuel, économique
et social de notre société, pourrait être
la suivante : vivra-t-on demain du tourisme organisé dans
le musée France ou poursuivra-t-on dans la voie passée
en faisant encore partie des premières puissances économiques
et intellectuelles du monde présent ? L’enseignement
est notre potentiel de sauvegarde et de développement.
C’est l’intelligence et la propriété intellectuelle
qu’il permet de développer qui sont nos plus grandes
valeurs et peuvent assurer un avenir à notre modèle
social.
En
revanche, en suivant les voies prises, et je m’intéresserai
principalement aux enseignements primaire et secondaire,
notre système n’a aucun avenir. Je dégagerai
trois priorités pour le réinventer, sans prétendre être
exhaustive.
1
– La formation intellectuelle doit être prioritaire
sur l’éducation
Cette
question renvoie à un débat maintenant ancien,
et pourtant inépuisé. La raison invoquée
pour la création des « chaires de pédagogie » à la
fin du 19e siècle en France était que les professeurs,
s’ils connaissaient admirablement l’art d’éveiller
les esprits, ignoraient celui de former les caractères.
L’influence exercée par les courants dominant les
sciences humaines, sur l’importance donnée progressivement à l’« éducation » dans
le processus scolaire, peut être mieux comprise si
on la met en perspective historique, si on saisit le rôle
joué par la question éducative dans la société moderne
avancée. L’un des fondateurs de la sociologie américaine,
Edward Ross, notait de manière suggestive en 1901,
dans Social Control, que l’école était désormais
légataire de la fonction socialisatrice de l’Eglise
: « maintenant que le rôle social du prêtre
semble toucher à sa fin, le rôle du maître
d’école semble seulement commencer » (6).
Des
catégories anthropologiques ont envahi le vocabulaire
de l’éducation. La socialisation s’est substituée à l’intégration,
la culture commune préparant à mener sa vie
dans la société, à la culture générale
fondant l’autonomie du jugement par la connaissance. Pour
le philosophe John Dewey, une culture conçue comme
raffinement interne de l’esprit s’oppose à une disposition
socialisée. L’homme est ainsi réduit à sa
dimension sociale. On normalise le citoyen démocratique.
Il doit être, d’une manière concrète,
tourné vers le monde extérieur, vers les autres.
On ne jure plus que par les activités collaboratives,
etc. Et l’école meurt de la suspicion qui la ronge
de privilégier des cultures particulières et
de faillir à sa mission éducative générale
en se faisant un vecteur majeur de la construction des inégalités
sociales.
Tant
que nous penserons que les inégalités sociales
se construisent à l’école et par l’école,
tant que nous oublierons le contexte social plus large où,
quelle que soit l’école et aussi bonne qu’elle soit,
se construisent des différences et des inégalités
qui dépassent sa portée (7),
nous affaiblirons sa capacité à jouer son rôle
pédagogique
véritable, au sens large, son rôle de transmission
culturelle et de formation intellectuelle.
Les
problématiques d’éducation et d’égalité ont
pris le pas sur la mission la plus fondamentale de l’école à un
point qui dépasse l’imagination. Or la question est
de savoir si nous formerons demain uniquement des frustrés
de l’école, simples utilisateurs des nouvelles technologies,
consommateurs sans esprit critique, professionnels étroits,
ou à tous niveaux des êtres humains et des professionnels
accomplis, éclairés, des concep-teurs, futurs
créateurs de propriété intellectuelle.
En se détournant de ses finalités premières,
l’école s’est engagée sur la première
voie : celle des objectifs minimaux, tels qu’artificiellement
définis par l’actuel « socle commun de
connaissances et de compétences » qui menace
de devenir le principe organisateur du collège ; sur
la voie du baccalauréat
donné, de l’abandon de l’effort intellectuel et des
apprentissages par les savoirs formels, en témoignent
des programmes éducatifs vidés de leur substance;
la voie aussi de la professionnalisation étroite des
cursus au détriment de leur intérêt et
de leur richesse, la mise en option de l’histoire-géographie
en terminale scientifique, ou la toute dernière suppression
de l’épreuve de culture générale du
concours de Sciences Po en sont de récentes manifestations
; la voie enfin du pilotage par les chiffres plutôt
que celle de la formation des hommes. Pour répondre à de
pseudos minima éducatifs, l’école abandonne
l’objectif d’amener chacun à son potentiel maximum.
Or, les entreprises connaissent un principe fondamental :
les individus qui les
composent sont leur valeur. Leur intérêt premier
est d’investir sur les individus et non sur la production.
Bref, un impératif politique exige de se fonder sur
la pensée que les membres d’un pays sont sa richesse.
Dans
cette optique, l’école doit être campée
sur sa mission intellectuelle et culturelle générale,
et fédérer autour d’elle les élèves
et le corps professoral. Elle doit leur offrir un environnement
structuré, centré sur le travail, enthousiasmant
pour eux. Un tel recentrement de l’école sur ses fins
profondes est son plus grand défi.
2
– Les apprentissages intellectuellement les plus formateurs
doivent avoir priorité sur les pseudo-savoir-faire
et autres compétences fonctionnelles supposées
plus immédiatement utiles
La
valorisation de différentes formes d’autodidactisme
pédagogique menace aujourd‘hui le bon sens en éducation.
Elle participe d’une incompréhension des besoins en
termes de progressivité et de systématicité des
apprentissages dans les grandes disciplines, mais aussi des
besoins des élèves en termes d’explications.
Très généralement, et on peut le relever
dans tous les discours supposés novateurs en éducation,
le savoir est confondu avec l’information. On n’intègre
pas son rôle structurant, son rôle dans la formation
intellectuelle même. L’élève dit-on,
doit apprendre à structurer l’information, son « attitude » est
tenue pour plus importante que « les connaissances
factuelles » qu’il pourrait engranger ; l’enseignant
ne doit plus être un « transmetteur d’information ».
Autrement dit, ces discours ont aplani totalement les savoirs
en niant leurs rôles intellectuels différenciés,
leur organisation hiérarchique structurante.
Une
conséquence est que la créativité et
l’esprit critique que la modernité appelle de ses
vœux sont tenus pour des compétences en elles-mêmes,
alors qu’ils sont en grande part les fruits d’apprentissages
développés dans des domaines spécifiques,
et de la croisée de différents domaines. Une
autre conséquence est que nos novateurs plaident pour
la valorisation de savoirs qui leur paraissent plus utiles
: 9 élèves sur 10 vivent en ville, ils devraient
donc apprendre les base de l’urbanisme pour « lire
leur ville ». De même, certains trouvent absurde
qu’on leur enseigne la chimie ou la littérature au
collège alors que ceux qui quittent l’école à 16
ans ne savent pas décoder les étiquettes des
produits alimentaires, et « sont incapables d’exprimer
leurs propres sentiments » etc. (8) Tout
cela se traduit par une mise au centre non pas de l’élève,
mais des méthodes promues.
L’activité,
ou encore et plus précisément, le développement
intellectuel de l’élève, n’exige pas l’abolition
des méthodes d’exposition verbale dans l’enseignement.
Nos novateurs en pédagogie proposent une fausse alternative
: les apprentissages passifs fondés sur des transmissions
par l’enseignant ou l’activité de l’élève
en situation. Les idées d’appren-tissage par l’expérience
et de mise en situation, aujourd’hui mobilisées, s’appuient
sur une psychologie dérivée du darwinisme.
Je ne peux pas développer ici ces questions fondamentales (9).
Très brièvement, l’activité intellectuelle
est supposée émerger de situations concrètes
problématiques auxquelles l’organisme doit apporter
une solution. Sur la base de la théorie de la sélection
naturelle, le développement intellectuel est associé à une
demande vitale pour l’ajustement, ou encore d’adaptation.
C’est pourquoi on suppose que l’élève doit
développer lui-même les outils de pensée
apparaissant nécessaires à un meilleur contrôle
de son environnement. Mais, comme l’a écrit un psychologue
américain, David Ausubel, au début des années
1960, le miracle de la culture est rendu possible seulement
parce que c’est beaucoup moins consommateur de temps de communiquer
et d’expliquer aux autres une idée de manière
signifiante que d’exiger d’eux de la redécouvrir par
eux-mêmes. Le point crucial en jeu étant de
savoir si, en considération de ce temps, les méthodes
par la découverte sont des techniques viables pour
transmettre le contenu substantiel d’une discipline intellectuelle à des élèves
qui ont déjà maîtrisé ses rudiments
et son vocabulaire de base (10).
Pour évoquer
les alternatives pédagogiques éludées
par nos novateurs, je me reporterai à une enquête (11)
qui a consisté à mettre des caméras
dans les classes de mathématiques de 4e, aux Etats-Unis,
en Allemagne et au Japon. Il s’avère que, malgré les
grandes différences pédagogiques qui peuvent
exister entre les enseignants dans un même pays, elles
sont négligeables devant les différences culturelles
entre les enseignements qui opposent en particulier ces trois
grandes nations. Un commentateur écrivait à ce
sujet qu’au Japon, « il y a les mathématiques
d’un côté et les élèves de l’autre.
Le professeur est un médiateur entre les mathématiques
et les élèves. » Ce dernier offre
des explications, fait des liens entre les différentes
parties du cours, discute les raisons d’être des solutions
des problèmes posés. L’enseignement est orienté vers
la compréhension conceptuelle et les élèves
sont sollicités pour résoudre des problèmes
difficiles. En Allemagne, poursuit le commentateur, « il
y a les mathématiques aussi, mais le professeur les
détient et les transmet au moment voulu et à bon
escient ; tandis qu’aux Etats Unis, je vois les élèves,
je vois le professeur, mais j’ai du mal à trouver
les mathématiques. Je vois juste des interactions
entre les élèves et les professeurs. » Tout
contenu n’est pas pour autant absent mais l’enseignement
est moins avancé et demande moins de raisonnement
que dans les deux autres pays. Par manque de recul théorique,
les apprentissages tendent à se focaliser sur des
tâches étroites et procédurales. Cela
est cohérent avec la croyance répandue suivant
laquelle les mathématiques représentent pour
les élèves un ensemble de procédures
pour résoudre des problèmes. Aux Etats-Unis,
l’élève passe aussi beaucoup de temps à travailler
seul ou en petits groupes, ce que cette enquête révèle être
une source d’appauvrissement de l’apprentissage parce que
privé inconsidérément de l’apport substantiel
de l’enseignant (12). Si donc
nous devons penser l’évolution
de notre enseignement, en mathématiques par exemple,
sur le long terme, c’est vers le modèle Est-asiatique
que nous devons aller, et non vers le modèle américain.
L’enseignement
américain a un avantage au moins sur nous. Il a expérimenté dans
les années trente et quarante, notamment, les idées
que nous sommes en train d’implémenter aveuglément,
jusqu’à la grande prise de conscience des années
1950 concernant la menace technologique soviétique.
A partir de là a été développé en
high school, le système du « advanced placement » qui
permet aux élèves qui y accèdent d’anticiper
sur les cours du college dans des disciplines fondamentales.
Ce système s’est énormément développé au
cours du dernier demi-siècle.
3
– Les réalisations individuelles
doivent avoir priorité sur les solutions collectivistes
Un
défi de l’école est de donner à chacun,
indépendamment de son milieu d’origine, les plus grandes
opportunités de réalisation, autrement dit
les plus grandes chances dans la vie. C’est en intégrant
pleinement le fait que chaque individu est appelé à être
en charge de son propre devenir, que l’on servira le plus
sûrement nos objectifs économiques et sociaux
mêmes.
Cela étant
dit, que signifie offrir à chacun des élèves
les plus grandes opportunités de réalisation
individuelle ?
Cela
exige, en premier lieu, une réussite des premiers
apprentissages à laquelle on ne peut surseoir sans
mettre en péril les devenirs scolaires. Le problème,
en second lieu, est qu’il est quasiment impossible d’identifier
a priori des virtualités de réalisation. Les
réalisations futures dépendent du jeu complexe
d’un ensemble de facteurs qui ne sauraient permettre aucun
diagnostic sur la base seule des performances scolaires à un
moment donné. Mais encore, il n’est pas souhaitable
de créer des partages artificiels entre des élèves
supposés doués, des élèves supposés
moyens, d’autres nuls, dans différents domaines. Non
seulement ces partages ne préjugent pas des réalisations
futures, mais ils instaurent des coupures arbitraires, là où il
y a continuité. En revanche, l’offre éducative
doit impérativement être rendue plus flexible,
sans être pour autant à la carte, elle doit
offrir de vraies possibilités d’approfondissements
et d’enrichissements autour d’une éducation libérale
et polyvalente, pour permettre à chacun de réaliser
ses aspirations et développer le mieux possible ses
diverses potentialités.
Contre
tout soupçon d’individualisme, je dirais qu’un des
rôles de l’école est d’œuvrer pour que l’ambition
qu’elle insuffle aux élèves soit subordonnée à une éthique
sociale. Et la crise que l’économie traverse en est
une illustration exemplaire. Ce n’est justement pas en les
persuadant, comme on tend à le faire en éludant
les buts premiers de l’enseignement, que leur valeur est
définie par leur employabilité, ou que tout
se résume à la place occupée dans le
système de stratification sociale.
Comme
le disait sur ces sujets le philosophe Alfred Fouillée
au XIXe siècle, si vous voulez qu’une montre marche,
ne commencez pas à en briser le ressort. Or, le grand
ressort ici n’est pas le calcul utilitaire, c’est le besoin
de savoir, de connaître, c’est l’amour de la vérité pour
elle-même, ce souci de vérité dont parle
un mathématicien tel que Laurent Lafforgue. C’est
par cette curiosité, cette passion que l’enseignement
aura su faire naître, que peut se développer
chez l’élève un idéal susceptible d’être
mis au service du bien commun. L’école, pour créer
une société humainement prospère, doit
subordonner ses finalités éducatives à un
libéralisme de l’esprit.
En
résumé, réinventer notre système éducatif,
pour satisfaire des impératifs d’ambition pour notre
société et pour chacun de ses individus, exige
d’inverser les priorités définies par la pensée
courante :
1
– La formation intellectuelle doit être prioritaire
sur l’éducation.
2 – Les apprentissages intellectuellement
les plus formateurs doivent avoir priorité sur les pseudo-savoir-faire
et autres compétences fonctionnelles supposées
plus immédiatement utiles.
3 – Les réalisations individuelles
doivent avoir priorité sur
les solutions collectivistes.
----
(1) Programme
for International Student Assessment.
(2) Notons que les questions de l’enquête cognitive,
sur la base de laquelle
sont évaluées les performances des élèves en compréhension
de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique, outre
quelques exemples types, sont inaccessibles aux chercheurs des pays, la justification étant
qu’elles sont dans l’ensemble réutilisées d’une enquête à l’autre.
(3) L’erreur de jugement diffusée sans plus de contrôle dans nombre
de publications en France, s’appuie sur la comparaison des scores des élèves
de 15 ans « à l’heure », scolarisés en seconde générale,
soit environ la moitié des élèves évalués
en France, avec les scores non pas de la moitié la plus performante des élèves,
mais de l’ensemble des élèves des pays les plus performants, cf. « Le
redoublement à l’épreuve des comparai-sons internationales »,
DEPP (2005).
(4) On compare ici les scores minima en mathématiques du quart le plus
performant
des élèves dans les différents participants. Ce groupe le
plus performant est, en France, depuis PISA 2000, 10e sur 27. Une grande enquête
internationale menée par l’IEA (Inter-national Project for the Evaluation
of Educational Achievement) en 1981-82, avait en revanche révélé l’excellence
relative des performances des collégiens français.
(5) Cf. N. Bulle (2010), « L’imaginaire réformateur. PISA et les
politiques
de l’école », Le Débat, n° 159, mars-avril pp. 95-109
:
http://www.nathalie-bulle.com/Files/pisa_qo.pdf.
(6) Cf. E.A. Ross, “Social Control”, The American Journal of Sociology, 1900,
p.
475-487.
(7) Les analyses de Raymond Boudon ont joué un rôle précurseur à ce
sujet: R. Boudon, L'inégalité des chances. La mobilité sociale
dans les sociétés industrielles, Paris, Armand Colin, 1973.
(8) P. Perrenoud (2006), « Le socle et la statue », Cahiers Pédagogiques,
439 : 16-8 ; P. Perrenoud (1997), Construire des compétences dès
l’école, Issy-les-Moulineaux, ESF Editeur.
(9) Cf. N. Bulle (2009, rééed. 2010), L’école et son double,
Paris, Hermann.
(10) Ausubel D. P. (1961). Learning by Discovery: Rationale and Mystique. NASSP
Bulletin,
45 (18), 18-58.
(11) J. W. Stigler, J. Hiebert (1999), The Teaching Gap. Best Ideas from
the
World’s
Teachers for Improving Education in the Classroom, New York: Free Press.
(12) Stevenson, H. W., Stigler, J. W. (1992) The Learning Gap. Why Our Schools
Are
Failing and What We Can Learn from Japanese and Chinese Education (New York,
Touchstone),
p. 146.
|