Une contribution prospective à la protection sociale : les Associations de solidarité familiale

EDITORIAUX 2003
Mars 2003
Une contribution prospective à la protection sociale :
les Associations de solidarité familiale

Notre système de protection sociale a, pour continuer d’assumer ses missions, besoin des familles qui peuvent devenir ses alliées et se voir proposer d’assumer, dans sa relation avec les gens, un nouveau rôle de corps intermédiaires.

Les familles sont capables de devenir acteurs de la solidarité
C’est vrai, la vie des familles n’est pas toujours simple : bien des déchirures peuvent s’y produire, beaucoup de familles dépendent pour vivre de la solidarité nationale. Mais elles sont déjà un acteur essentiel de la solidarité : par les flux intergénérationnels, par l’entraide en cas d’épreuve, par l’emploi. Les familles ont un potentiel d’énergie et d’engagement qui leur permet de se mobiliser contre les crises. Elles peuvent faire plus, à condition qu’on les y aide.

La protection sociale a besoin des familles
Les situations difficiles se multiplient : les personnes concernées par les problèmes du 4e âge ou le handicap seront de plus en plus nombreuses, et la pauvreté des enfants et des jeunes adultes est un problème qui ne disparaîtra pas demain.
Les besoins de financement vont croître, et un autre, désormais reconnu comme tout aussi essentiel : la prise en charge individuelle, affectueuse, pour la longue durée, de personnes de plus en plus nombreuses.
C’est dans les familles que peut s’organiser la circulation des flux financiers, notamment au bénéfice des plus jeunes.
Et pour demain, c’est la prévoyance familiale qui pourra anticiper les accidents de la vie (handicap, maladie, veuvage…) et générer les ressources dont dépendra pour une part l’avenir des personnes : formation, reconversion professionnelle, financement d’études, solidarité en situation de chômage…
Le changement démographique crée des déséquilibres qui transgressent tous les facteurs sociaux. Et la responsabilisation des familles constitue l’un des atouts – peu nombreux – qui s’offrent pour faire face aux nouveaux défis.

Les Associations de solidarité familiale
Les Associations de solidarité familiale sont des structures familiales de prévoyance et de solidarité intergénérationnelle destinées à contribuer à remédier aux accidents de la vie ainsi qu’à préparer l’avenir des personnes (insertion des jeunes, formation, reconversion sociale et professionnelle).
Chaque association réunit ceux qui la créent, leurs ascendants et descendants, nés ou à naître, sur une base d’égalité entre les personnes. Elle peut aussi s’adjoindre des personnes isolées qui n’ont pas de famille. Elle rassemble une somme d’argent, dont les revenus sont capitalisés. Il n’est pas fait appel à des ressources publiques.
Qui est concerné ? Avant tout les familles modestes. Pour de nombreuses familles, des sommes limitées peuvent avoir un impact vital.
D’où viendront les ressources ? La famille, évidemment, ou des proches, lorsque c’est possible ; des personnes âgées, membres ou non de la famille, à la recherche d’un instrument pour assurer une circulation « intelligente » d’une partie de leur patrimoine, en apportant à leur entourage des ressources de long terme ; et pourquoi pas des associations ou des collectivités désireuses d’aider les jeunes couples à préparer leur avenir, agissant dans un esprit d’intérêt général.
Les Associations de solidarité familiale sont un moyen de mettre en place la spirale vertueuse qui nous permettrait d’atteindre l’objectif que la croissance économique ne nous assurera peut-être plus : créer de la richesse.

Armand Braun

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