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Pourquoi
Prospective.fr ?
• Promouvoir la démarche
prospective.
• Plaider des projets prospectifs :
› les Associations de solidarité familiale, moyen d’une
réforme durable du système
français de protection
sociale,
› Paris, 10 millions d’habitants : concrétiser l’unité et
la cohérence de l’agglomération
parisienne,
› le transport public en Ile-de-France : réconcilier, dans
le développement, logique des
organisations et besoins des
personnes.
• Mettre
en valeur des faits d’actualité pour leur signification
prospective.

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La
citation
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Le
clin d'oeil
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« L’Europe
pèsera suffisamment peu sur la scène internationale
dans les décennies à venir pour que Delhi
ne fasse pas des relations euro indiennes une de ses
priorités. »
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« Donnez
encore deux ans aux chasseurs d’exoplanètes ;
ils vont vous faire bondir hors de vos chaussettes ! »
|
Rajeev
Kumar, directeur du Conseil indien
pour la recherche sur les relations économiques internationales |
|
Alan
P. Boss, astrophysicien, Institution Carnegie, Washington |

La prospective, c'est l'art d'explorer le champ
des possibles
qu'ouvre sans cesse l'avenir
>>> Société de
l’information ou société de l’œil ?
>>> Des
chaussures en pneu pour partir du bon pied
>>> L’intelligence
artificielle contre la crise
>>> Trois
parents biologiques ?
>>> Le
vélo électrique n’en est qu’à ses débuts
>>> Des
villes franches pour le développement
>>> Enfants,
migrants et seuls…
>>> Conquête
spatiale : ensemble, c’est mieux
>>> Agriculture
urbaine
>>> Bancs
publics, bancs publics…
Société de
l’information ou société de l’œil ?
Jamais
société n’a connu autant d’informations, de flux
de savoirs et, paradoxalement, nos medias et autres supports
n’ont jamais crée autant d’oubli. Nos civilisations changent
leurs façons de stocker des données pour se souvenir
ou se reconnaître.
A
l’heure où la parole est donnée à tous,
devient égalitaire ou égalitariste, où chacun
devient public, je m’interroge sur la valeur et les contradictions
du publiable.
Auteure,
je me penche plus particulièrement sur les biographies
individuelles et sur les récits de méthodes, j’écris
donc les traces et surtout les tréfonds intérieurs,
les « inter dits » et les jardins secrets. Les gens
se livrent avec réserve. Ils veulent pourtant avoir un
livre et entrer ainsi dans l’histoire, dans tous les sens du
terme.
Ces
mêmes gens qui hésitent entre 18 mois et 3 ans avant
de confier leur être le plus intime répandent très
aisément et très publiquement leur vie privée
sur des portables. Dans quelle crainte sont-ils exactement ?
Est-ce la paranoïa de la surveillance, de la société de
Big Brother ou celle de l’Oeil de Georges Bataille ?
Pour
palier cette profonde peur de s’exposer, j’accompagne cette irascible
volonté de s’exprimer et offre des livres miroirs ou chacun
peut se retrouver, à partir de mots que nous cherchons
ensemble.
Ecrire,
c’est noter ce qui s’inscrit en nous. A lignes épurées,
dévoiler notre silhouette telle que nous l’avons rêvée.
En cela, écrire pour ou avec quelqu’un est une aventure à la
fois radieuse et périlleuse. Réaliser une biographie
réelle ou romancée est une respiration alternée,
s’entretenir avec quelqu’un d’aussi près permet de convertir
l’expérience en profondeur.
Anne
de Commines – comminesde.anne@neuf.fr
Des
chaussures en pneu pour partir du bon pied
En
ajoutant un dessus en coton ou en cuir à des semelles
taillées dans du caoutchouc recyclé, Bethlehem
Tilahun Alemu s’est ouvert un marché en Amérique
du Nord, en Australie et en Grande-Bretagne. Cette jeune
Ethiopienne a déjà vendu sur Internet plusieurs
milliers de paires de tongs, chaussons, chaussures de voile,
mocassins et baskets qu’elle fait fabriquer dans un petit
atelier en périphérie d’Addis-Abeba. Elle a
trouvé un fournisseur de vieux pneus et de vieilles
chambres à air et a embauché des femmes pour
filer, tisser et teindre du coton, du jute et du chanvre
cultivé localement. La toile de camouflage employée
pour certains modèles a été taillée
dans de vieux uniformes militaires. « Nous fonctionnons à l’américaine »,
explique cette créatrice, une ancienne comptable de
30 ans, qui a lancé il y a cinq ans sa marque, soleRebels.
Son entreprise compte aujourd’hui quarante-cinq employés
capables de fabriquer jusqu’à 500 paires de chaussures
par jour. Elle vise à croître pour servir le
monde entier. Les internautes canadiens ont la possibilité de
commander des chaussures quasiment sur-mesure grâce à un
logiciel qui dessine le contour numérisé de
leur pied.
« Le
recyclage est un mode de vie, explique-t-elle. On ne jette
pas des choses qu’on peut réutiliser encore et encore...
Je voulais partir de cette idée pour créer
quelque chose. » Elle a de fait industrialisé une
vieille coutume : les paysans et soldats éthiopiens
se font déjà depuis longtemps des sandales
avec de vieux pneus de camion.
Sortir
de la pauvreté par une invention enracinée
dans le pays, est certainement l’une des meilleures manières
de changer l’image de l’Ethiopie.
Xan
Rice - The Guardian – repris par Courrier International
du 14 janvier 2010
L’intelligence
artificielle contre la crise
« Quel
sera le moteur de la croissance économique mondiale
de la nouvelle décennie ? Il faut parier que les
années 2010 seront celles où l’intelligence
artificielle commencera à avoir un impact économique
aussi important que l’émergence de l’Inde et de
la Chine. Mon raisonnement est largement inspiré du
jeu d’échecs, que j’ai pratiqué à un
niveau professionnel. Ce jeu est un baromètre
de l’adaptation possible des individus à l’intelligence
artificielle. Les programmes de jeux d’échecs électroniques
peuvent calculer d’avance un tel nombre de coups que
la distinction entre les calculs tactiques à court
terme et les stratégies à long terme devient
floue. Aujourd’hui, ils sont devenus si bons que même
les Grands Maîtres ont parfois du mal à comprendre
la logique derrière certains de leurs coups. Si
Alan Turing - l’inventeur de l’intelligence artificielle,
auteur notamment d’un test de confrontation verbale à l’aveugle
d’un humain avec un ordinateur et un autre humain pour évaluer
la valeur du langage d’une machine - était encore
vivant, il inverserait son test et définirait
peut-être l’intelligence artificielle comme l’incapacité d’un
ordinateur à dire si son interlocuteur est une
machine ou un humain.
Je
ne crois pas qu’après Internet et l’ordinateur
portable il faudra attendre longtemps la prochaine innovation
révolutionnaire. L’intelligence artificielle insufflera
prochainement l’énergie nécessaire à la
relance et il n’y a aucune raison de penser que la nouvelle
décennie sera un flop économique.
Au-delà,
les ordinateurs pourront tout faire : conduire un taxi,
réaliser des opérations chirurgicales…
Mais auparavant, les cursus d’études supérieures
auront été transformés par l’intelligence
artificielle, créant ainsi potentiellement une
université mondiale largement accessible, même
aux pays en développement les plus pauvres. Il
y aura aussi d’autres utilisations essentielles de l’intelligence
artificielle, depuis la domotique jusqu’à la généralisation
des réseaux intelligents pour la gestion et la
distribution optimisées de l’eau et de l’électricité.
Un
seul facteur peut mettre en péril ces perspectives
: l’intervention des politiques ; il ne faut pas qu’ils
se mêlent des nouveaux modèles de commerce,
de technologie et d’intelligence artificielle. »
Kenneth
Rogoff, professeur d’économie et de sciences politiques à l’université Harvard
–
Les Echos – 28 janvier 2010
Trois
parents biologiques ?
Visant à éliminer
des maladies transmises uniquement par l’ADN maternel,
des scientifiques du Centre de recherche sur les primates
de l’Etat d’Oregon, aux Etats-Unis, ont fait naître
des bébés singes qui ont chacun un père
et deux mères. Le procédé pourrait être
appliqué à des humains. Les bébés
ainsi conçus auraient donc trois parents biologiques.
Cette
découverte soulève déjà toutes
sortes de questions. D’ores et déjà, qui
seraient les parents légaux d’un tel bébé ?
Un peu plus tard : est-il concevable qu’un jour un seul
bébé soit issu de 100 parents différents
? L’ADN peut-il justifier un droit de visite ? Quelle
est la proportion de chromosomes qui donne des droits
? Un enfant issu de parents étrangers hors des
Etats-Unis mais qui a de l’ADN d’un citoyen américain
pourra-t-il réclamer la citoyenneté américaine
?… Des précédents confirment l’imminence
de ce débat.
Dans
les années 1980, une certaine Mary Beth Whitehead
a, moyennant 10 000 $, joué le rôle de mère
porteuse pour l’enfant de William et Elisabeth Stern,
conçu avec l’ovule d’Elisabeth et le sperme de
William. Après la naissance, Ms Whitehead est
allée en justice pour garder le bébé.
La Cour de justice de l’Etat du New Jersey a déclaré que
Mme Whitehead était la mère légale,
qu’il ne fallait pas la condamner pour avoir monnayé son
utérus, mais que c’étaient les Stern qui
auraient le droit d’élever l’enfant.
En
1993, une décision inverse a été prononcée
dans une affaire opposant Crispina et Mark Calvert à une
mère porteuse. Trois tribunaux ont successivement
donné raison aux Calvert, chacun avec un argument
différent. La Cour suprême de Californie
a finalement décidé que la mère était
la personne qui avait souhaité la naissance de
l’enfant et était disposée à l’élever,
en l’espèce Ms Calvert.
Le
caractère contradictoire de ces jugements illustre
la grande confusion autour de cette seule question :
qu’est ce qui fait une famille ?
Quand
l’irruption de la technologie transforme la donne, il
s’agit de déterminer les valeurs essentielles.
C’est également le cas à propos d’Internet,
de sa relation à la vie privée et au droit
d’auteur.
Le
fait d’être parent ne peut être réduit à une
formule biologique. La loi devrait évoluer vers
une reconnaissance plus grande de l’intention de donner
la vie. La perspective de parents multiples impose cette
réflexion. Adam
Cohen – International Herald Tribune – 29 janvier 2010
Le
vélo électrique n’en est qu’à ses
débuts
En
Chine, 120 millions de vélos électriques
remplacent progressivement les innombrables vélos
et motocyclettes qui constituaient le principal moyen
de transport urbain. 10 % de la population y
a recours. Une croissance comparable est prévue à court
terme en Occident, comme on le voit déjà aux
Etats-Unis ou dans l’autre pays du vélo, les
Pays-Bas. Des magasins de vélos électriques
ouvrent à tous les coins de rue de Chinatown à New
York. Le modèle américain est un vélo
standard dont le moteur électrique se met
en route dès que le cycliste pédale.
Le modèle chinois ressemble à une Vespa
et fonctionne entièrement à partir
d’une batterie qui lui assure 48 km d’autonomie.
L’un
des avantages du vélo électrique est
de réduire la circulation automobile : en
Asie un vélo remplace une voiture sur six.
Mais d’autres problèmes surgissent.
Plus
s’accroît le nombre de vélos électriques
en circulation, plus augmente le nombre d’accidents
graves qu’ils provoquent en roulant vite et imprudemment
sur les pistes cyclables et les voies réservées
aux piétons. C’est pourquoi les autorités
organisatrices du transport public sont aujourd’hui,
partout, moins enthousiastes qu’elles ne l’étaient.
Et
puis, le vélo électrique est-il si écologique
que cela ? Certes, il émet moins de gaz à effet
de serre que l’automobile. Mais il est une autre
source de pollution : le modèle chinois, notamment,
utilise les batteries au plomb et il n’existe pas
de système pour les recycler quand elles sont
en fin de vie. L’automobile fait de rapides progrès
en termes de réduction des nuisances et de
sécurité pour ses passagers et les
piétons. Un combat commercial est engagé.
Le vrai visage du vélo électrique n’apparaîtra
que lorsqu’il aura technologiquement mûri,
d’ici à quelques années.
J.
David Goodman – International Herald Tribune –
1er février 2010 Des
villes franches pour le développement
« Partout
en Afrique, ce soir, des élèves vont
faire leurs devoirs dehors à la lumière
des lampadaires. C’est parce qu’ils n’ont pas l’électricité chez
eux. Nous savons que l’éclairage domestique
ne coûte pas grand-chose : un peu moins de
1 centime d’euro de l’heure pour une ampoule de 100
watts. La plupart des pauvres, en Afrique, auraient
les moyens de s’éclairer un peu. Les Africains
ne manquent pas d’électricité parce
qu’ils sont pauvres : ils sont pauvres parce qu’ils
n’ont pas l’électricité.
Pour
surmonter ce type de problèmes, je propose
une stratégie de contournement consistant à bâtir
des villes gérées en partenariat par
un pays riche et un pays pauvre. Le pays pauvre céderait
un pan de territoire, le pays développé apporterait
un système judiciaire crédible, propre à enraciner
l’Etat de droit. Il n’y a pas vraiment de précédent,
mais l’expérience britannique à Hong
Kong montre que le respect des règles ne coûte
quasiment rien aux partenaires et fait plus pour
réduire la pauvreté que tous les programmes
d’aide.
Il
existe, le long des côtes de l’Afrique subsaharienne,
de grandes bandes de terre inhabitées, trop
arides pour l’agriculture. Mais une ville peut surgir
même dans les endroits les plus désertiques
si elle dispose d’eau dessalée et recyclée.
Certains
diront que c’est du colonialisme, mais le pays riche
partenaire n’est pas obligé d’administrer
directement la ville : les habitants peuvent s’en
charger, à condition de respecter l’ordre
juridique qui y règne.
D’autres
y voient un moyen d’émigrer dans les meilleures
conditions. Cette formule donnerait aux pauvres la
possibilité de choisir la ville franche et
donc le régime sous lequel ils veulent vivre
et travailler. Une récente enquête Gallup
montre que 700 millions de personnes souhaitent s’établir
dans un pays offrant sécurité et perspectives économiques.
Comment
seraient-elles financées ? Un cadre juridique
sécurisé encouragera des investisseurs
privés. Et les dépenses publiques pourraient être
couvertes par un impôt spécial sur la
plus-value des terrains due au développement.
Si, par exemple, des pays voisins d’Haïti y
créaient ne serait-ce que deux villes franches,
on pourrait y reloger toute la population du pays.
Quelque
3 milliards de travailleurs pauvres quitteront les
campagnes pour les villes dans les décennies à venir.
Les villes exercent un tel attrait que les gens préféreront
les bidonvilles à la misère rurale
s’ils n’ont pas d’autre choix. La question n’est
pas de savoir si le monde va s’urbaniser – il le
fait, et vite –, mais où et selon quelles
règles. Les villes franches garantiraient à leurs
habitants la condition première de tout développement
: l’Etat de droit. »
Paul
Romer – The Sunday Times – repris par Courrier
International du 4 février 2010 Enfants,
migrants et seuls…
En
France et ailleurs en Europe, les mineurs isolés étrangers
non accompagnés ne comptent pas. Leur fréquente
disparition des institutions dans lesquelles ils
ont été placés est peu prise
en compte.
Combien
sont-ils ? L’organisation helvétique Terre
des hommes vient de leur consacrer une enquête.
Ils seraient 5 000 sur le sol français, venus
d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie, d’Europe
de l’Est… Et ils sont de plus en plus nombreux et
de plus en plus jeunes : des petits Maghrébins
de 8 ans tentent la traversée vers l’Espagne,
en Belgique, des petites Roms de 9 ans sont utilisées
par des gangs de cambrioleurs, dans la région
parisienne, les services sociaux ont repéré des
Afghans âgés de 12 ou 13 ans.
La
sociologue française Angelina Etiemble a dressé leur
typologie : les exilés, qui fuient guerres
et persécutions ; les « mandatés »,
envoyés par leur famille pour travailler ou étudier
; les exploités, victimes des réseaux
de travail au noir ou d’exploitation sexuelle ; les
errants, déjà livrés à eux-mêmes
dans leur pays ; les fugueurs ; enfin, ceux qui rejoignent
un parent, et ne s’en trouvent pas sécurisés
pour autant.
Ces
enfants arrivent rarement seuls, mais leurs passeurs
les « oublient » dans un lieu public
ou au siège d’une association. Le mineur devra
ensuite rembourser, d’une manière ou d’une
autre, celui qui l’a aidé à voyager.
La moitié de ceux qui sont placés dans
des centres spécialisés disparaissent,
récupérés par des réseaux
et des clans, parfois promis au pire.
C’est
pour toutes ces raisons que Terre des hommes appelle
l’Union européenne à créer un
statut spécifique des mineurs non accompagnés.
A
la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le film
qui décrivait le malheur des enfants perdus, Quelque
part en Europe, a certainement contribué à leur
insertion sociale. A quand le film qui attirera l’attention
et la sympathie sur les enfants perdus d’aujourd’hui
?.
Jean-Pierre
Stroobants – Le Monde – 5 février 2010
Prospective.fr Conquête
spatiale : ensemble, c’est mieux
Effort
d’innovation sans précédent depuis
le programme Apollo : les crédits initialement
prévus pour la conquête de la Lune seront
consacrés à l’élaboration d’une
nouvelle génération de fusées
et d’engins spatiaux destinés à explorer
l’espace profond et la planète Mars. Rompant
avec les politiques antérieures, les Etats-Unis
comptent sur la coopération du secteur privé et
d’autres nations, dont peut-être la Chine.
La NASA jouera un rôle de coordonnateur plutôt
que de maître d’œuvre et devra réduire
fortement ses habitudes bureaucratiques et ses dépenses
exorbitantes. « Pour que cela fonctionne, il
faudra que la NASA renonce à son approche
très paternaliste de la coopération »,
commente Laurence Nardon, spécialiste des
questions spatiales à l’Institut français
des relations internationales. « Et il faudra
inventer un mode de gouvernance des missions internationales. »
Ce
projet permettra aux Etats-Unis de conserver leur
leadership, alors que la Chine, l’Inde avec la Russie,
des nouveaux venus comme la Corée, sans oublier
l’Europe, bien entendu, font de l’espace un objectif
stratégique majeur. La Chine assemble les
pièces d’un programme extraordinairement complexe
et a fixé à 2025 l’arrivée d’un
Chinois sur la Lune. L’Inde compte sur sa coopération étroite
avec l’Agence spatiale russe pour réaliser
un premier vol orbital autonome en 2015. La Corée
a révélé ses intentions et fait
la preuve de sa capacité à les conduire à bien.
L’Europe n’investit pas suffisamment et prend du
retard à cause de ses problèmes de
gouvernance : il manque l’unité de point de
vue ; les chamailleries entre nations et entreprises
pour la construction des équipements peuvent
prendre des années… Néanmoins, il semble
bien que l’Europe soit en train de comprendre qu’elle
doit, elle aussi, agir plus vite, réduire
les coûts, coopérer avec d’autres acteurs
et faire en sorte que ses diverses composantes nationales
et industrielles dépassent leurs susceptibilités.
Jérôme
Fenoglio – Le Monde – 9 février 2010
La presse Agriculture
urbaine
Avec
plus de la moitié de la population du monde regroupée
dans des centres urbains, l’agriculture va, elle aussi,
migrer dans les villes, sous la forme d’unités de
production hors sol de fruits et légumes installés
dans des tours de verre. Dans ces fermes verticales hermétiquement
closes, le contrôle de toutes les variables de l’environnement éliminerait
le recours aux pesticides et la consommation d’eau serait
réduite grâce à la culture hydroponique
– les plantes étant irriguées par une solution
leur apportant nutriments et sels minéraux. Dans
cet univers dépourvu de saisons et protégé des
caprices du climat, les rythmes de production seraient
accélérés, avec des volumes de récoltes
jusqu’à dix fois supérieurs à ceux
obtenus sur une surface égale de terre.
Evidemment,
ce concept n’est pas exempt de risques : les interruptions
de courant, le moindre problème technique… « Un
environnement ultra contrôlé n’empêchera
pas les mousses et les algues de prospérer, comme
elles prospèrent déjà sur la station
spatiale », note Kristen Lagadec, ingénieur
aérospatial. Les projets fourmillent dans toutes
les grandes villes des pays développés. Des
architectes et d’autres spécialistes cherchent à se
spécialiser.
Le
prototype en vraie grandeur n’existe pas encore, mais des
réalisations plus limitées surgissent, par
exemple des potagers bénéficiant de la chaleur
des fours sur les toits de boulangeries industrielles à New-York.
La question du financement est loin d’être résolue.
Les premières grandes réalisations interviendront
peut-être dans des pays du Moyen-Orient comme la
Jordanie, Abu Dhabi, le Qatar, qui sont soumis à une
forte dépendance des importations alimentaires et
qui ont les moyens d’explorer des méthodes innovantes.
Laetitia
Mailhes – Les Echos – 22 février 2010 Bancs
publics, bancs publics…
Les
trottoirs, les rues piétonnes et les bancs publics
– toutes choses qui nous paraissent si habituelles – font
figure de nouveauté à Amman, la capitale
de la Jordanie, une cité qui existait déjà 8
500 ans avant JC et compte 2,5 à 3 millions d’habitants
dans un pays qui a la caractéristique d’être à la
fois une monarchie, une démocratie et un pays arabe.
Ce
qui est remarquable n’est pas l’existence de ces équipements,
mais leur grand nombre. Les bancs publics, notamment, sont
partout à travers la ville et tout le monde célèbre
leurs vertus : rendre la vie un peu plus facile, rapprocher
les riches et les pauvres, permettre à une ville
sans identité forte de développer l’esprit
de quartier.
Il
s’agit des conséquences d’une politique urbaine à l’opposé de
celle de Dubaï. Il était question de construire à Amman
seize tours le long d’une rue principale. Ce projet a été déplacé et
réparti en trois endroits. La crainte d’approfondir
le contraste entre quartiers pauvres et quartiers riches
n’a plus lieu d’être. Les lieux du développement économique
ont pu être rénovés. Et surtout l’objection
principale au projet antérieur - détruire
l’unité du paysage - est donc tombée. Dans
le centre ville a été mise en œuvre une stratégie
pointilliste, avec d’innombrables initiatives individuellement
modestes mais globalement significatives.
Les
avis des habitants sont pris en compte pour faire évoluer
l’environnement urbain. Cette approche facilite l’intégration
des ruraux qui continuent de s’installer en ville ainsi
que celle des nombreuses communautés étrangères.
La vie sociale et le sens de la citoyenneté, qui
n’existaient que nominalement, peuvent enfin faire sens.
On ne sait jamais où l’innovation va surgir, on
ne sait jamais quelles formes elle peut revêtir…
Michael
Slackman – International Herald Tribune – 24 février
2010 |