Mission prospective et stratégique
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ACTUALITE PROSPECTIVE
 

Pourquoi Prospective.fr ?

Promouvoir la démarche prospective.
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    organisations et besoins des personnes.
Mettre en valeur des faits d’actualité pour leur signification prospective.


La citation
 
Le clin d'oeil

« Ce serait formidable si je pouvais vous dire aujourd’hui que j’ai un plan. Je ne peux pas encore. »

 

« Je passe tout mon temps libre sur Internet ; il n’y a nulle part ailleurs où aller. »

Sidney Harman, créateur des enceintes acoustiques Harman-Kardon, qui vient,
à plus de 92 ans, de racheter
le magazine américain Newsweek
  Li Yufei, 18 ans, étudiant à Shanghai

La prospective, c'est l'art d'explorer le champ des possibles
qu'ouvre sans cesse l'avenir

>>> Impressions de mon Tour de France
>>> L’autre moitié du ciel
>>> Autistes et informaticiens
>>> La clinique des bébés sur mesure
>>> Le point de vue des décroissants
>>> Trompez-vous, l’erreur fait progresser !
>>> Généticiens autodidactes
>>> Changement culturel au Japon
>>> Donner le goût de la lecture aux enfants
>>> Marché du travail : où est le sexe faible ?

 

Impressions de mon Tour de France

Pendant les vacances, je me suis promené en France. Que notre pays est beau en été !

Mais j’ai ressenti un terrible contraste entre régions. Certaines sont actives, modernes, entreprenantes. D’autres procurent une impression de vide. Ici, des problèmes certes (le chômage), mais la vitalité, l’ouverture sur le monde. Là la pauvreté, l’oubli, la fuite ou la résignation de jeunes de moins en moins nombreux. Ici, j’ai croisé beaucoup de belles voitures – y compris des Porsche et Maserati, plus nombreuses que je ne l’aurais anticipé – là, j’ai compté onze vieilles 2 CV retapées.

Ce tableau n’est pas nouveau. Beaucoup de régions ne se sont toujours pas remises de l’exode rural de la fin du XIXe siècle, des saignées occasionnées par les guerres, plus récemment de la désindustrialisation. Mais nous nous y étions habitués, nous avons depuis longtemps jeté des ponts sur les failles : les finances publiques avaient pris en compte la coexistence d’une France productive et d’une France qui ne l’était pas, de nouvelles formes de complémentarité se sont même mises en place, les régions pauvres accueillant personnes âgées et maisons de campagne.

Les circonstances actuelles viennent tout bouleverser et les failles vont continuer de s’élargir : les transferts financiers publics et privés qui faisaient vivre ces régions disparues de la carte de France des investisseurs vont encore diminuer, le vieillissement encore précipiter ses effets, l’exclusion dont elles souffrent déjà vis-à-vis des formes avancées de la modernité encore s’aggraver. La capacité de l’Etat à lisser les difficultés n’est déjà plus ce qu’elle était. Il n’y a même pas d’ennemi à accuser !

Comment, dans ces conditions nouvelles, peuvent évoluer les relations entre ces deux groupes de territoires ? La question va se poser. Les habitants, voire les élus, n’en ont aujourd’hui pas conscience. Que se passera-t-il quand ils comprendront ? Et quels effets reportés un peu plus tard, dans un contexte mondial qui ne cesse de s’assombrir ? Nier, ne pas agir sous prétexte de faire confiance à l’avenir serait perdre du temps alors que se profile un vrai risque de « détricotage » du tissu territorial de la Nation.

Que faire, qui a la capacité de faire, comment faire…ce ne sont que quelques-uns des aspects à considérer. Les incantations sur la nécessité d’innover ne pourront pas tenir lieu d’action. Il faut travailler, imaginer, expérimenter, toutes choses qui, dans l’urgence, ne sont pas faciles. Et il ne m’appartient pas d’apporter des réponses. Mais il s’agit par excellence – et dans l’urgence - d’une question de prospective.

Si nous savons nous libérer des schémas habituels, nous trouverons des solutions. Je donne pour exemple d’une démarche hier encore inconcevable ce qui se passe à Marseille, où le financement de la rénovation du Stade Vélodrome a été obtenu parce que le nom d’une marque commerciale lui sera désormais associé. C’est la pratique nouvelle du naming.

Quelles initiatives pour redonner de l’attractivité aux régions en péril ? Serait-il concevable qu’elles importent de l’esprit d’entreprise ? Qu’elles découplent l’autonomie politique et culturelle de l’autonomie économique et sociale ? Que, moyennant des contreparties, des régions riches négocient des alliances, voire fusionnent avec des voisines pauvres ? Que des départements proches de régions développées s’intègrent à celles-ci ? Alors que dans des pays voisins bien d’autres régions vont connaître les mêmes problèmes, quelles formes de coopération concevoir ?

Toutes ces régions font partie intégrante de notre histoire, de la communauté nationale, de la société européenne. Il ne peut y avoir d’avenir que solidaire. Les régions en péril recèlent probablement des ressources qu’il faut aujourd'hui éveiller. Car, comme l’écrivait Hannah Arendt, «les hommes ne sont pas nés pour mourir mais pour innover ».

Armand Braun

L’autre moitié du ciel

Un proverbe indien dit : « Elever une fille, c’est comme arroser le jardin de son voisin. » C’est une perte de temps et d’argent que de nourrir une fillette dans une famille déjà percluse de pauvreté. Disparues, mutilées, droguées, mortes de malnutrition et de manque de soins avant l’âge d’un an, ou encore, adolescentes se résignant à mourir de mélancolie ou du sida plutôt que de survivre dans les bordels de Chine et d’Inde… manquent à l’appel cent millions de femmes de par le monde, selon le Prix Nobel d’économie Amartya Sen.

« La femme est l’autre moitié du ciel », dit une vieille sentence chinoise. Or, c’est en Chine justement et chez ses voisins de l’Asie orientale que cette moitié céleste disparaît le plus sur la liste des états civils du monde ! Cette disparition cosmique se passe au vu et au su de l’ONU et de la planète médiatique comme si là était un trou noir de l’espace qu’aucune lumière ne peut pénétrer.

Depuis l’arrivée de l’échographie, des millions de femmes en Asie avortent lorsqu’elles savent qu’elles vont mettre au monde un enfant de sexe féminin. Eliminées par le seul fait chromosomique qu’elles possèdent un double X infamant, des millions de futures femmes ne verront pas le jour. Peut-on appeler cela un gynécide ?

Les misères, intellectuelle et sociale, ne sont pas seules en cause. Les extrémistes musulmans clouent au pilori, lapident et brûlent des centaines de jeunes femmes. Ainsi, au Pakistan, durant ces dix dernières années, dans les villes jumelles d’Islamabad et de Rawalpindi, cinq mille femmes et filles jugées coupables de désobéissance ont été immolées par les membres de leur propre famille. Benazir Bhutto y fut assassinée. Taslima Nasreen (Bangladesh) et Shirin Ebadi (Iran), Prix Nobel de la paix, vivent en exil. Elle est longue la liste des exactions commises envers l’autre moitié du ciel : esclavage moderne en Asie, au Moyen-Orient comme en Occident, femmes battues (une morte tous les deux jours rien qu’en France), discrimination à l’embauche…

Même si elles occupent nombre de places visibles sur nos écrans télé, les femmes ne meurent pas en premier lieu d’être femmes, elles souffrent, dans des mondes moins lumineux, de n’être que des ombres, des doublures, des êtres de second rang. « La femme est l’avenir de l’homme », a chanté Aragon. Seule une longue marche de l’humanité pourra parvenir, un jour peut-être, à faire coïncider Réel et Poésie.

Yves Simon, romancier et auteur-compositeur – Le Monde – 20 juin 2010
Nicholas Kristof et Sheryl WuDunn – La moitié du ciel, éd. Les Arènes

Autistes et informaticiens

Une jeune femme atteinte du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme, Susan Conza, a créé une petite société d’informatique, Asperger Informatik, employant des informaticiens atteints du même syndrome. Ces personnes sont particulièrement bien adaptées au monde digital. « Nous ne sommes pas une institution sociale, insiste-t-elle, mais une véritable entreprise. Actuellement, notre plus grand projet est la réalisation d’un portail pour lnvest Suisse, un courtier en assurances. »

« Le plus important pour nos employés est d’avoir un environnement très stable et des tâches bien déterminées. Ils travaillent ensuite avec assiduité, patience et grande exactitude. Et, surtout, nous sommes incapables de mentir ! »

Elle ajoute : « J’ai un cerveau d’adulte mais, émotionnellement, je suis comme un enfant de 5 ans. Nous comprenons mal le langage corporel, les sous-entendus et les métaphores. L’ambiguïté nous déstabilise : tout doit être clair : vrai ou faux. L’émergence d’Internet nous aide beaucoup, nous sommes bien plus à l’aise pour communiquer par e-mail que par téléphone. »

Les Aspies utilisent les forums en ligne et le web pour étancher une soif de connaissance, souvent compulsive. « Nous sommes très bien adaptés au monde digital et je me suis déjà demandé si nous ne représentions pas une nouvelle étape dans l’évolution de l’espèce humaine ». Cette perception du monde très binaire et objective rappelle d’ailleurs fortement les ordinateurs, qui ne travaillent qu’avec des 0 et des 1.

Daniel Saraga, L’Hebdo, Lausanne –
repris par Courrier International – 8 au 14 juillet 2010

La clinique des bébés sur mesure

Aux Etats-Unis, le diagnostic génétique des embryons réalisé à l’occasion d’une FIV est légal, quelles que soient les motivations des futurs parents. Comme beaucoup de ses collègues américains, le docteur Steinberg effectue systématiquement un diagnostic sur les embryons avant de les implanter, afin d’éliminer ceux qui sont porteurs d’une maladie génétique identifiable. Puis le laboratoire procède à un second type de test : le tri entre les embryons masculins et féminins.

Le docteur Steinberg a le sentiment de répondre à une demande universelle et intemporelle : « Le rêve de choisir le sexe des enfants habite l’humanité depuis le fond des âges. Des fresques peintes par les hommes des cavernes suggèrent qu’ils se livraient à des cérémonies magiques pour avoir des enfants mâles ou femelles. »

Si, par exemple, la patiente veut une fille, seuls les embryons féminins lui seront implantés. L’ensemble de l’intervention extraction des ovocytes, fécondation, diagnostic et implantation coûte 18 400 dollars. Quand on y ajoute les auscultations, les analyses, le suivi et le traitement hormonal, le prix total dépasse les 25 000 dollars. Si aucun embryon du sexe désiré n’est viable, il faudra tout recommencer. Si en revanche le labo a réussi à féconder un surplus d’embryons du sexe désiré, ils seront congelés : au cas où la première grossesse échoue, il suffira de répéter la dernière phase du processus, pour un surcoût de 3 000 dollars. Le taux de réussite est de 70 % à la première tentative et de 90 % au bout de deux essais : « C’est supérieur à la moyenne des autres cliniques de FIV mais ce n’est pas parce que nous sommes meilleurs. C’est simplement parce que nos patientes ne souffrent pas de stérilité. »

En France, le diagnostic préimplantatoire (DPI) est autorisé depuis 1994 pour les familles touchées par une maladie génétique particulièrement grave incurable (mucoviscidose, chorée de Huntington, hémophilie...). 200 à 300 familles en bénéficient chaque année dans les trois centres français agréés (Paris, Strasbourg, Montpellier). Les lois françaises de bioéthique doivent être révisées avant fin 2010. Dans ce cadre, le Comité consultatif national d’éthique a estimé que les textes actuels en la matière fournissaient « un cadre juridique globalement satisfaisant » et propose que le DPI s’applique aussi à la trisomie 21.

L’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et la Suisse interdisent le DPI, mais la plupart des pays occidentaux l’autorisent. Israël est, avec les Etats-Unis, le seul pays occidental autorisant le choix du sexe de l’enfant par DPI à condition que le couple ait déjà donné naissance à quatre enfants du même sexe.

Yves Eudes – Le Monde magazine – 31 juillet 2010

Le point de vue des décroissants

D’après un sondage Ifop Sud-Ouest de novembre 2009, 27 % des Français seraient prêts à restreindre de façon significative leur consommation. Les « décroissants » en ont fait un mode de vie.

Ils consomment localement et le moins possible de produits emballés, fabriquent eux-mêmes leur lessive et leur savon, réduisent au minimum leurs déchets, récupèrent l’eau des bains pour les toilettes, s’habillent dans les dépôts-vente et se meublent chez Emmaüs. Ils refusent les jeux électroniques, ont un seul téléphone portable pour toute la famille, préfèrent le vélo à la voiture, privilégient les panneaux solaires quand ils le peuvent, maintiennent le chauffage à 19°C et superposent les pulls quand il fait froid. Leur consommation de viande se limite au week-end. Ils partent en vacances dans des accueils paysans et, dans leur jardin, il y a un potager. Mais ils ont l’électricité et Internet.

Quel impact ont aujourd’hui les idées pro-décroissance en France ? Même ceux qui en sont proches ont du mal à le dire. Le monde décroissant, comme beaucoup de petits mondes, est divisé en tendances et la violence des échanges y prend des allures d’excommunication. Deux tendances se complètent et parfois s’opposent : ceux qui s’en tiennent à un changement personnel et individuel ; ceux qui prônent un mouvement plus radical et pensent qu’une vraie révolution est nécessaire.

Pour certains, la crise est une opportunité ; pour d’autres, elle peut provoquer des crispations et des phénomènes de peur. Décroître, mais jusqu’où ? Quid des pays pauvres ? Peut-on sans indécence demander à un paysan burkinabé de réduire sa consommation ?

« Ce qui importe, c’est de rompre avec le totalitarisme de la croissance. Il faut un projet de société plus libre et qui barde l’idée de qualificatifs rassurants. La décroissance ne s’applique bien sûr qu’aux pays de l’OCDE. Mais il faut que tous, y compris les pays émergents, comprennent qu’ils n’atteindront jamais le niveau de vie occidental. C’est déjà trop tard. »

Hubert Prolongeau – Le Monde Magazine – 17 juillet 2010

Trompez-vous, l’erreur fait progresser !

Un festival sur l’erreur s’est déroulé du 21 au 24 juillet à l’Ecole normale supérieure. L’erreur a mauvaise réputation. Qui n’éprouve un sentiment de gêne, d’échec, voire de honte ou de culpabilité, quand il se trompe ? En classe, c’est encore mal vu. Les camarades, mais aussi les enseignants, peuvent avoir la dent dure pour celui ou celle qui a levé la main pour fournir une réponse erronée. Or des découvertes essentielles sont souvent le fruit de raisonnements fondés sur une hypothèse jugée totalement farfelue aux yeux des autres, voire sur une maladresse.

Ainsi, la pénicilline a été découverte par Alexander Fleming grâce à une contamination accidentelle de culture de bactéries, des staphylocoques, par un champignon microscopique, le Pénicillium notatum, utilisé dans un laboratoire voisin. Avant de jeter ses cultures contaminées, Fleming a eu la curiosité de les observer et a constaté que les staphylocoques ne se développaient pas à proximité du champignon.

Le premier vaccin de laboratoire serait dû, lui aussi, à une bévue. Louis Pasteur, qui travaillait, en 1879, sur le choléra des poules avait, par erreur, inoculé de vieilles cultures de germes oubliées qui n'étaient plus virulentes. Constatant leur inefficacité à déclencher la maladie, il aurait rectifié en inoculant, cette fois-ci, des cultures fraîches et virulentes. Surprise, les gallinacés étaient protégés.

« Quelqu’un qui se contenterait de ne croire qu’à des choses dont on a vérifié l’exactitude, et donc à ne pas faire d’hypothèses, ne peut pas faire de recherche, explique Etienne Klein, physicien au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). La vérité scientifique n’est pas immédiatement accessible. Elle ne se donne pas par l’observation, ni non plus par la culture livresque. Il faut aller chercher ces lois impossibles qui ne se manifestent pas à nous. Il faut tâtonner, faire des hypothèses qui vont se révéler fausses, et l’erreur fait intrinsèquement partie de cette recherche. »

L’objectif de l’erreur, c’est d’éveiller l’esprit critique, de questionner l’évidence. Girolamo Ramunni, professeur d’histoire des sciences et techniques au Conservatoire national des Arts et métiers (CNAM) déplore que, dans les écoles, on ne donne jamais de problème qui n’ait pas de solution. « Or ce qu’on fait dans la vie, c’est se rendre compte qu’une question n’a pas de solution, tout simplement parce que c’est une fausse question ». Il s’est déjà amusé à soumettre à ses élèves un problème dont l’énoncé était faux. « Je me délectais de la manière dont tout le monde trouvait des résultats. Mais cela demandait un immense travail de correction, car ensuite je leur expliquais comment, à quel moment, il aurait fallu remettre en cause l’énoncé. » Dans tout processus d’apprentissage, c’est bien en remettant en cause des conceptions fausses que l’on parvient à progresser.

Martine Laronche – Le Monde – 18 juillet 2010

Généticiens autodidactes

En Californie, depuis plus de deux ans, n’importe qui peut faire séquencer et analyser son propre génome sans aucune formalité et sans passer par un médecin : il suffit de cracher dans un petit tube et d’envoyer sa salive par la poste à une société spécialisée. Pour moins de 500 $ (381 €), le client obtient, via Internet, une analyse génétique partielle permettant d’en savoir plus sur ses origines ethniques et certains traits de sa personnalité, mais aussi de découvrir s’il est porteur de mutations génétiques favorisant l’apparition de maladies.

Plus récemment, on a vu apparaître des sites Internet permettant au grand public de se former à la génétique et de mener des recherches sans l’aide de spécialistes.

Ainsi, Do-It-Yourself Genomics, une start-up à but non lucratif, propose toute une gamme de services destinés aux « chercheurs-citoyen », bénévoles amateurs et autodidactes. Chaque participant fait établir son profil génétique puis le télécharge sur le site de DIY Genomics, où il sera stocké, publié, puis analysé en fonction des recherches en cours. Chaque membre pourra consulter les données génétiques des autres membres, utiliser des outils en ligne pour mener des recherches personnelles, recruter des volontaires pour mener des tests et des études collaboratives, publier et discuter les résultats...

Pour les professionnels d’Internet, le code génétique est un code informatique comme un autre, qui ne les impressionne pas : après tout, avec « seulement » 3 milliards de paires de base, le génome humain représente un fichier de 3 giga-octets, soit nettement plus petit que le système d’exploitation Windows de Microsoft ou qu’un film d’Hollywood numérisé sur DVD...

Des start-up préparent des applications de « génomique personnelle » pour les smartphones comme l’iPhone ou le BlackBerry : bientôt, chacun pourra charger l’intégralité de son code génétique sur son téléphone mobile, le transporter avec soi et le partager avec qui bon lui semble.

Yves Eudes – Le Monde – 12 août 2010

Changement culturel au Japon

Compétition, salaryman, grandes villes industrielles, entreprises mondiales... tel était le Japon des années 1990.

Mais la société japonaise actuelle, la plus ancienne des sociétés vivantes dans le monde, est en train de connaître un étrange phénomène : les jeunes cessent de consommer. Ils n’ont pas de voiture, ne boivent pas d’alcool, vivent très simplement, occupent des emplois à temps partiel pour se procurer le strict minimum, s’intéressent à l’agriculture biologique, s’inquiètent de la diminution des ressources dans le monde, souhaitent apporter leur contribution en s’abstenant de voyager et ils n’éprouvent pas le besoin d’étudier des langues étrangères. Lorsqu’on leur dit que le Japon est en train de perdre son rang dans le monde, cela ne les gêne pas : « nous sommes un petit pays, ce n’est pas un problème pour nous ».

Cette rupture fondamentale avec les comportements antérieurs ne s’est pas produite du jour au lendemain. Dès 1977, la population a cessé d’augmenter et, depuis 2005, elle diminue. Autre indice propre au Japon : dès les années 1960, la production de riz avait diminué. Ce n’est évidemment pas l’ensemble des jeunes qui sont concernés, mais la tendance est bien installée et ne cesse de se renforcer. C’est peut-être une forme de maturité de la jeune génération. C’’est peut-être autre chose aussi.

Avant que le Japon ne s’ouvre au monde au XIXe siècle avec l’Empereur Meiji, le pays a traversé 250 années d’enfermement et de très faible croissance. La nouvelle tendance qui s’inscrit dans d’autres courants que l’on observe aussi ailleurs, ressemble beaucoup à de la nostalgie et à un désir de revenir à ce passé et ses valeurs.

Norihiro Kato, Professeur de littérature japonaise à l’Université Waseda de Tokyo – International Herald Tribune – 23 août 2010

Donner le goût de la lecture aux enfants

Les écoliers américains lisent de moins en moins (on pourrait en dire autant chez nous) et perdent pendant les grandes vacances une grande partie de la capacité de lecture acquise pendant l’année scolaire. Comment y remédier ? Le Département fédéral de l’éducation a financé une étude conduite par des chercheurs de l’université de Knoxville (Tennessee). Trois étés de suite ils ont suivi des écoliers de Floride fréquentant les petites classes dans des quartiers défavorisés. Ils se demandaient si leur procurer des livres pour les vacances allait influencer leurs performances scolaires.

Chaque enfant pouvait choisir 12 livres parmi des centaines de titres proposés. Il y avait un groupe témoin et les écoliers qui avaient reçu des livres ont eu de meilleures notes équivalentes à celles qu’ils auraient obtenues en fréquentant des classes de rattrapage d’été.

Pourtant ils n’avaient pas du tout choisi les livres que des enseignants auraient préconisés. Celui qui avait eu le plus de succès la première année était une biographie people, celle de Britney Spears ! « Il existe une culture des gosses et des médias qui n’a rien à voir avec nos propres conceptions. La majorité de ces enfants n’avait jamais lu en dehors de l’école. Mais quand on leur a donné la possibilité de choisir leurs propres lectures, en fonction de leurs centres d’intérêt ou de ce qu’ils connaissent par la télévision et d’en discuter, cela les a motivés ».

Tara Parker-Pope – International Herald Tribune – 5 août 2010

Marché du travail : où est le sexe faible ?

Les hommes auront-ils encore du travail aux Etats-Unis lorsque l’économie repartira ? Beaucoup en doutent. Ainsi, Larry Summers, conseiller économique du président Obama, déclare : « un homme sur six entre 25 et 54 ans ne travaillera pas, parce que l’Amérique n’aura plus rien à leur offrir ou qu’ils n’auront pas su s’adapter à sa nouvelle expansion ». L’hebdomadaire Newsweek va plus loin : « s’ils ont de la chance, ils auront une épouse qui subviendra à leurs besoins ». Car pour les femmes tout baignera. La femme ne sera plus l’avenir de l’homme, c’est lui qui sera devenu son passé.

Ainsi, sur les 11 millions d’emplois détruits depuis décembre 2007 aux Etats-Unis, 66 % étaient occupés par des hommes. En 1970, les femmes contribuaient pour 6 % au revenu familial, elles en fournissent maintenant 42,2 %, à ce rythme la bascule aura lieu en 2019. Pour la première fois dans l’histoire, parmi les 30-44 ans, on compte plus de diplômés femmes qu’hommes. Selon Nancy Koehn, professeure à la Harvard Business School : « nous assistons au début d’un tsunami : les femmes vont s’emparer des lieux de travail dans les quinze prochaines années ». Il n’y a pas encore beaucoup de femmes PDG, mais cela viendra.

Les hommes s’avèreraient moins aptes à s’adapter : « l’économie est devenue moins bien disposée envers les hommes », dit Jacqueline King, du Conseil américain de l’éducation.

Sylvain Cypel – Le Monde – 18 août 2010

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