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Seuls les verres et plastiques consignés permettront d’atteindre les objectifs fixés en matière de réduction des déchets. Les circuits traditionnels vont devoir s’adapter.

Chaque année, 12,5 milliards de bouteilles en plastique sont vendues en France. Elles se recyclent très bien mais les consommateurs ne les jettent pas toutes dans les containers dédiés et seules 60% des bouteilles en PET sont collectées, alors que la loi européenne fixe un objectif de 90% d’ici à 2029. 

En Allemagne, où les bouteilles en plastique à usage unique sont consignées 25 centimes d’euros, 98% d’entre elles ont pu être recyclée en 2021. 

La loi AGEC (antigaspillage pour une économie circulaire) de 2020 prévoit la possibilité de mettre en place un dispositif de consigne mixte pour recyclage et réemploi si les objectifs de réduction des emballage plastiques à usage unique ne sont pas atteints. Bérangère Couillard, secrétaire d’État à l’Écologie, a lancé une concertation nationale avec tous les acteurs concernés : réponse en septembre prochain.

Malheureusement, les collectivités locales françaises sont souvent opposées à de tels systèmes de consigne : elles ont massivement investi dans des points de collecte volontaires ou des centres de tri. Elles craignent que les circuits de collecte parallèles destinés à la consigne ne leur dérobent le meilleur des déchets : le PET. La tonne de plastique recyclé se vend actuellement 6000 € en France, contre 200 € il y a deux ans.

Autre possibilité : remplacer le plastique par du verre consigné. La brasserie Meteor pratique la consigne en Alsace depuis le début du XXe siècle. Avec une consigne à 20 centimes pour une bouteille de 75 cl et 10 centimes pour une bouteille de 33 cl, les taux de retour flirtent avec les 97%.

Des modèles communs permettent de mutualiser des parcs de bouteilles. La centrale d’achat de l’industrie allemande des eaux minérale gère ainsi un parc de plus d’un milliard de bouteilles.

L’impact environnemental d’une bouteille consignée est environ quatre fois moindre que celui du verre perdu ou recyclé. Refondre du verre perdu nécessite de le porter à 1500 degrés ; une bouteille réemployée est lavée à 90 degrés. Elle peut être utilisée cinquante fois et recyclée à la fin.

La consigne pour réemploi suppose une logistique relativement complexe : mettre en place la retenue de la consigne sur les logiciels de caisse en magasin, récupérer les bouteilles vides lors de tournées, trier le verre, stocker, laver et relaver. En amont, il faut impliquer les imprimeurs et les fabricants de colle pour que les étiquettes des bouteilles partent facilement au lavage.

Mais le contexte est porteur. Le prix du verre a doublé : un producteur de boissons doit acheter 52 centimes ses bouteilles neuves de 75 cl et le lavage d’une bouteille ne coûte que 35 centimes.

Des projets surgissent autour de cette filière. Étape suivante : faire revenir à la bouteille en verre des secteurs (lait, eau, jus de fruit…) qui l’avaient abandonnée.

Jacques Henno – Les Echos – 6 juin 2023
https://lemontri.fr/ou-recycler-pres-de-chez-moi/

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